Les prélèvements : collecte et analyse
De
février 2000 à mai 2004, des prélèvements
ont été réalisés, à tout moment de
l'année, sur les quatre stations suivantes:
- Porz Guen : vasière rive gauche de l'Odet, à 3 km en amont de la Pointe de Combrit (mer libre) (7 prél.)
- Anse Saint Cadou
: vasière à 12 km en amont de la Pointe de Combrit et
à 2,5 km du cours principal de l'Odet ; cette digitation est
parcourue par un ruisseau (11 prél.)
- Mer Blanche : marais avec slikke et mares du schorre, entre 1 et 2,5 km de l'entrée du marais (10 prél.)
- Anse de penfoulic : vasière à 1 km de l'entrée de l'anse (10 prél.).
Les
3-4 premiers mm du sédiment étaient
prélevés (tubes Falcon 50 ml) en une dizaine de points.
Dans quelques cas, la vase déposée sur des pierres ou des
bois morts était également raclée. Les
prélèvements étaient ensuite dilués et
agités plusieurs fois. Les diatomées étaient
séparées du sédiment par 2 ou 3
décantations différentielles et stockées en
présence de 2 % de formol. Après que les frustules aient
été préparés selon Loir (2004), les
taxons présents dans chaque prélèvement ont
été identifiés.
Résultats
Richesse spécifique totale
Les
38 prélèvements effectués sur les 4 stations ont
permis de répertorier un total de 221 taxons.
Le nombre de
taxons trouvés sur chaque station était de :
Pors Guen : 77
Penfoulic : 61
Mer Blanche : 69
St Cadou : 113
Pour chacune des 4 stations, le pourcentage de taxons communs à l'ensemble des 3 autres était de :
Porz Guen : 36 %
Penfoulic : 60 %
Mer Blanche : 53 %
St Cadou : 44 %
Composition des peuplements diatomiques
Il n'a pas été réalisé d'étude
quantitative permettant d'identifier les espèces dominantes.
Seule a été considéré le nombre de taxons pour les genres représentés par au
moins 4 taxons dans l'une des stations :
| Genres |
Porz guen |
Penfoulic |
Mer Blanche |
Saint Cadou |
4 stations |
| Amphora |
5 |
5 |
4 |
2 |
12 |
| Caloneis |
0 |
0 |
7 |
2 |
7 |
| Cocconeis |
5 |
4 |
1 |
4 |
7 |
| Diploneis |
0 |
2 |
8 |
9 |
14 |
| Gyrosigma |
6 |
2 |
3 |
7 |
12 |
| Lyrella |
4 |
3 |
4 |
3 |
8 |
| Navicula |
7 |
5 |
9 |
10 |
19 |
| Nitzschia |
7 |
3 |
7 |
19 |
29 |
| Pinnularia |
0 |
4 |
2 |
7 |
9 |
| Stauroneis |
1 |
2 |
0 |
4 |
5 |
| Surirella |
2 |
3 |
0 |
8 |
11 |
| Synedra |
4 |
2 |
2 |
2 |
7 |
Les
espèces présentes dans les milieux
échantillonés sont nécessairement plus ou moins
euryhalines. Les unes sont rencontrées
généralement en mer (¨espèces marines¨),
tandis que d'autres sont présentes couramment dans les eaux
douces (¨espèces dulcicoles¨, cf. Diatomées des eaux douces) ; quelques unes (¨espèces saumâtres¨)
sont considérées comme propres aux eaux saumâtres
(ou aux eaux continentales très minéralisées). Ces
trois types d'espèces se répartissaient comme suit dans les
4 stations (en pourcentages) :
|
¨Esp. marines¨ |
¨Esp. saumâtres¨ |
¨Esp. dulcicoles¨ |
| Porz Guen |
85 |
5 |
10 |
| Penfoulic |
78 |
7 |
15 |
| Mer Blanche |
70 |
8 |
22 |
| St Cadou |
46 |
4 |
50 |
Soixante cinq des 221 taxons répertoriés, sont illustrés : Galerie, Médiolittoral
Conclusion
Depuis
Carter en 1932, les peuplements de diatomées benthiques
épipéliques des zones littorales d'Europe Occidentale ont
fait l'objet de diverses études (Round 1960, Hendey 1964,
Malissen 1973, Riaux et germain 1980 ; cf Bibliographie).
Dans les milieux saumâtres étudiés (estuaires,
vasières, marais), le nombre des espèces
épipéliques varie autour de 50 à une centaine. La
diversité spécifique des peuplements diatomiques des
4 stations considérées ici est du même
ordre. Quant aux taxons que nous avons recensés, beaucoup sont
caractéristiques des zones littorales saumâtres.
Nous n'avons pas réalisé de mesures de salinité.
Néanmoins, les différences observées de la
proportion de diatomées ¨marines¨ et de diatomées ¨dulcicoles¨
dans les 4 stations sont cohérentes avec 1) la localisation des
stations par rapport à la mer libre et 2) avec l'importance
relative des apports d'eau douce. Notamment, il est vraisemblable que
la vasière de St cadou, où 50 % des espèces sont ¨dulcicoles¨, subit des salinités beaucoup plus faibles que celle de Porz Guen où 85 % des espèces sont ¨marines¨.
Quant aux deux marais de la Mer Blanche et de Penfoulic, ils
constituent des situations intermédiaires. Mentionnons que dans
un fossé alimenté par une source, situé dans
l'Anse St Cadou, 26 (93 %) des 28 espèces de diatomées
recensées étaient des espèces ¨dulcicoles¨ et 2 des espèces ¨saumâtres¨.